En 1932, le commissaire Maigret prit le train à Paris pour se rendre à Bergerac. Il suivit la recommandation de l'employé du chemin de fer : il n'oublia pas de changer à Libourne.

Il est donc passé par Sainte-Foy.

Mais notre bonne ville n'apparaît pas dans le roman policier de Simenon, Le fou de Bergerac, et rien ne caractérise la sous-préfecture de la Dordogne.

Ces ambiances chères à Simenon : les odeurs de cuisine qui marquent par le souvenir qu'elles laissent, la grisaille avant, pendant et après la pluie, de brèves conversations téléphoniques du commissaire avec son épouse ; ces bribes de réalité donnent l'ambiance générale.

L'enquête aurait pu se dérouler ailleurs. Maigret en serait venu à bout avec le souvenir d'odeurs de cuisine, en traversant la grisaille et sans oublier de téléphoner à son épouse.

maigret

Mais enfin, c'est du Simenon, et un roman de Simenon, ça se lit sans discussion.

Le retour de Paul est un roman à l'eau de rose publié en 1983 dans la "collection colombine", par Harlequin.

C'est la énième reécriture de Cendrillon. Elle est Bergeracoise, belle, de bonne famille, sans argent mais pétrie de qualités morales et intellectuelles. Il est boursouflé d'argent, de prétention et de haine. Tout les sépare. Quelle horreur ! ! !

colombine

Gravillons sur le gâteau, ils s'aiment et ne savent pas se le dire. Tant mieux. D'emblée, ou presque, le lecteur, ou la lectrice sait ce qu'il y aurait à faire s'il (ou elle) était à sa place !

Vous devinez la suite : ils s'embrassent au milieu du roman, ils se rejettent dans les chapitres suivants et ils se jurent l'amour éternel, mariage à la clé, en dernière page.

Avec ce jeune futur couple, le suspens n'est pas dans leur communion de dernière page, corps et âme, mais dans les chemins tortueux qu'ils suivent pour atteindre enfin l'amour.

De Bergerac, l'auteur donne suffisamment de détails : le café Cyrano, l'agence de Sud-Ouest, la maison de la presse et tutti quanti, pour que le lecteur ait l'impression de s'y être promené en y rencontrant, par un heureux hasard, les héros de son histoire.

On peut lire ce modeste ouvrage. Par curiosité. On peut aussi ne pas le lire.

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Christian Grenier publie L'ordinatueur en 1999, chez Rageot-Editeur.

Excellent roman policier : l'intrigue se centre sur Bergerac, avec des ramifications à Sigoulès, Eymet, Miramont, Sainte-Foy, etc., et au château de Bridoire, caché sous le nom de château de Grimoire.

Intrigue invraisemblable ? Non ! Car l'auteur l'a incluse dans une trame faite de vies entremêlées d'espérances et d'espoirs déçus, de la plénitude qu'apportent les grandes passions et aussi, des intérêts sordides qu'elles suscitent.

J'ai accompagné les héros dans leur périple régional et je l'ai fait avec grand plaisir, comme pour les inciter à dénouer les fils d'une intrigue inattendue.

A lire !