Je ne dispose pas d'archives pour évoquer les activités des associations laïques à Sainte-Foy en 1951.

Que sont devenues les archives de ces associations ? Sont-elles encore conservées et où, je l'ignore.

Impossible de consulter la presse de l'époque et pourtant, ce serait facile : les Amis de Sainte-Foy conservent une collection unique de Sud-Ouest Dordogne, édition de Bergerac - qui passait TOUS les articles concernant Sainte-Foy -, de l'origine aux années 1970. Collection probablement unique au monde : Sud-Ouest ne conserve que les journaux de l'édition bordelaise.

Cette collection avait été confiée à la garde de M. Pierre Lamothe. Qu'en a-t-il fait ? Dans quelles conditions la conserve-t-il ? Où ? Quand et comment peut-on la consulter ? Monsieur Lamothe ne répond pas aux courriers que je lui ai adressés à ce sujet.

Je dispose de quelques photos. J'en ai choisi huit, elles se rapportent à cinq types de manifestations inscrites dans le calendrier annuel des Ecoles laïques de Sainte-Foy :

Le bal des Ecoles laïques, le bal de l'école d'enseignement ménager, les prestations de la chorale l'Avenir, la kermesse et la soirée au vieux stade de football, à Pineuilh.

1 - Le bal des écoles laïques

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Couple de gauche, au premier plan, on reconnaît Guy Trassan.

2 - Le bal de l'école d'enseignement ménager :

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?, Marc Chambon, maire de Sainte-Foy et Joseph Bonnemaison, directeur de l'école communale

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Au second plan, à droite, Roger Bée

3 - La chorale l'Avenir

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Joseph Bonnemaison dirige. Juste à droite du poteau blanc, M. Pignot père. La photo a été probablement prise pendant une kermesse : Joseph Bonnemaison est habillé en blanc.

4 - La kermesse

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Une demoiselle Mazzocco figure sur cette photo. Quelqu'un la reconnaitra peut-être et nous donnera d'autres noms.

Avez-vous remarqué ? La rue de la République est encore pavée.

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A gauche, avec le casque de chantier blanc, Pierre Pignot.

5 - Les soirées à l'ancien stade de football de Pineuilh.

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Accoudé sur la balustrade, costume sombre et petite moustace, Marc Chambon, maire de Sainte-Foy.

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De jeunes sportifs.

J'ai oublié le nom de ce stade. A la fin des années 50 ou au début des années 60, il a été acheté par l'hôpital, les tribunes ont été démolies et des bâtiments dépendant de l'hôpital ont été édifiés sur l'emplacement.

6 - Pour mémoire, j'ajoute la fête annuelle du lycée, supprimée au début des années 1960 et réapparue parfois avec les "soirées dansantes du Lycée", comme en 1970. Je n'ai aucune photo sur les fêtes du lycée.

Ces photos, quelques dizaines au total, montrent des gens de tous âges, de toutes conditions sociales, de diverses professions et de divers rôles dans la société, énormément de gens rassemblés régulièrement, tout au long de l'année.

Second caractère de ces manifestations, la joie, le bonheur de se retrouver qui dépasse de beaucoup le motif de la réunion. Une photo fait exception, celle des jeunes sportifs : ils ont le trac.

Troisième caractère, la tenue vestimentaire. Les jeunes danseurs, les officiels et les messieurs de la chorale portent tous le costume-cravate, sauf deux jeunes, col de chemise ouvert (Roger Bée et un autre, sur la photo 3). Comme on disait alors, ils sont "débraillés".

Le principal facteur qui assure le succès de chacune de ces rencontres est certainement la grande coïncidence entre la morale personnelle et la morale sociale.

Les anciens foyens, quand ils parlaient des Dames laîques de cette époque, Mme Garrau, Melles Charmaison et Toreille, et tant d'autres, disaient d'emblée : "ce sont des dames d'une moralité irréprochable". Quand ils ne le disaient pas, ils le savaient : ces dames l'avaient montré dans toutes les actions publiques qu'elles avaient menées, ne serait-ce que pendant la guerre.

Ces manifestations étaient organisées par de nombreux acteurs, leaders fiables, reconnus, appréciés de tous et travaillant en harmonie : les directeurs et directrices d'écoles, les instituteurs, les institutrices et de nombreux bénévoles.

Nul ne soulevait la lune. Chacun faisait exactement son travail. Il le faisait bénévolement, au profit de tous. Chaque manifestation devait être rentable et dégager un bénéfice alimentant les oeuvres laïques.

Au fond, le don de temps, de compétences, de travail, de matériaux et de denrées diverses, pour obtenir le bonheur des retrouvailles, pendant une journée ou une soirée, s'apparente à la pratique d'échange et de contre-échange que Marcel Mauss avait défini dans son "Essai sur le don".

Que sont devenues ces activités ?

Pour ceux qui les ont vécues, de merveilleux souvenirs, après avoir été des étapes marquantes de leur construction personnelle et sociale.

En fait, la plupart ont disparu.