Près de cinquante personnes du pays foyen furent déportées en camps de concentration en 1943 et 1944, dans le cadre des mesures de répression décidées et appliquées par le IIIème Reich. La liste suivante comprend 49 noms.

Après la guerre, plusieurs rescapés des camps de concentration ont résidé ou se sont établis en pays foyen, le pasteur Blancy, Suzanne Chaumet-Leboindre, Alexandre et Elisabeth Trainchot, d'autres. Il ne sera question ici que des déportés natifs du pays foyen ou y résidant au moment de leur arrestation.

Cette liste est incomplète à bien des égards : il manque peut-être des noms et beaucoup d'indications : adresse au moment de l'arrestation, date et raisons de l'arrestation, etc.

Je vous remercie pour les informations que vous me transmettrez.

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1 - Le cadre géographique.

Pendant la guerre, le comité de Sainte-Foy la Grande de la Croix-Rouge Française étendit ses acticités sur les cantons de Sainte-Foy, Pellegrue et Pujols. Les cantons voisins du département de la Dordogne relevaient d'un autre secteur. Ce cadre géographique inclut des communes éloignées de Sainte-Foy et en exclut beaucoup qui sont très proches.

J'ai retenu la zone d'influence de Sainte-Foy présentée dans un rapport de la chambre de commerce de Libourne en 1973, soit un périmètre distant d'une quinzaine de kilomètres autour de la ville. Cette zone comprend le canton de Sainte-Foy, s'étend au sud-ouest jusqu'à Pellegrue, au nord-ouest à Bonneville-et-Saint-Avir-de-Fumadières, au nord-est à Saint-Géraud-des-Corps et au sud-est à Monestier.

Rapporté à la période 1939-1945, ce choix est-il pertinent ? En 1973, il marquait l'attraction économique de Sainte-Foy. A l'époque, cette zone fut probablement un lieu d'échange d'informations, de bouche à oreille. Quelle fut l'importance des rumeurs et des non-dits ? Quel impact eurent les arrestations et dans quels milieux ? Tout simplement, savait-on que la plupart des arrestations débouchaient sur la déportation ? On ne peut apporter que des bribes de réponses, rien de suffisant pour conforter le cadre géographique choisi.

2 - Les matériaux.

Dans son ouvrage publié par Delmas à Bordeaux en 1945, "La Libération de Sainte-Foy", Jean Corriger cite une dizaine de déportés foyens.

Il faut attendre la publication par l'A.N.A.C.R. du "Mémorial de la Résistance en Dordogne", en 1985, pour disposer des photos de monuments aux Morts donnant des noms de déportés morts dans les camps de concentration et, parfois, de brèves précisions, la date de leur arrestation ou celle de leur décès.

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En 2004, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation publia le "Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution, 1940-1945". La table des matières répertorie les déportés par ordre alphabétique de noms et de prénoms.

Pour chacun, sont indiqués le lieu et la date de départ puis d'arrivée, le matriculme, le sexe, la date et le lieu de naissance, la nationalité, le parcours après l'arrivée en camps de concentration et, quand les informations sont disponibles, ce qui est le cas général, la situation (décédé, libéré), la date et le lieu du décès ou de la libération, et enfin, d'éventuelles observations.

Il reste des bribes de mémoire locale pour situer les déportés oubliés sur les monuments aux morts, voire dans le "Livre-Mémorial des déportés". La liste établie n'est donc pas exhaustive.

3 - Limites de la recherche.

En 1992, Annette Wievorka publia chez Plon "Déportation et Génocide, entre la mémoire et l'oubli". Le sous-titre est révélateur du rôle de l'historien, entre mémoire et oubli, et aussi, du double objet de sa recherche : la réalité et la mémoire de la déportation.

Dès la fin de la guerre, plusieurs ouvrages concernant la Résistance dans la moyenne vallée de la Dordogne furent publiés :

- Corriger (Jean), La Libération de Sainte-Foy, Delmas, Bordeaux, 1945.

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- Bergeret - Herman Grégoire, Messags personnels, Bière, Bordeaux, 1945.

- Kessler (Rodolpkle), Les "Terroristes", Strasbourg, 1948.

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Jean-Marie Lamothe, qui fut un des chefs de la résistance foyenne, donna les principes de son engagement dans un ouvrage resté inédit : "Isidore Tordu, citoyen de la "Quatrième"".

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Ces ouvrages concernent l'action et les valeurs de la Résistance. Corriger signale l'arrestation et la déportation d'une dizaine de foyens.

Aucun témoignage, aucune recherche historique n'a encore été publiée sur la déportation en pays foyen. Il est vrai que la précarité voire l'absence des matériaux et la disparition des survivants limitent les recherches. Est-ce la seule raison ?

Quand aux sources facilement consultables, elles donnent des informations précieuses mais partielles. Ainsi, le "Livre-Mémorial des déportés de France" n'indique pas le domicile habituel, la date, le lieu ni les raisons des arrestations ayant précédé la déportation. Dans deux cas au moins, cet ouvrage ne mentionne pas le nom de deux déportés foyens et il arrive qu'une information qu'il donne soit erronée.

Revenons sur un écueil sérieux : les listes du "Livre-Mémorial des déportés de France" donnent le lieu de naissance des déportés mais pas leur lieu de résidence au moment de leur arrestation. Plusieurs personnes arrêtées en pays foyen, où elles résidaient, sont nées dans des communes très éloignées. Il est possible que d'autres personnes, nées à Sainte-Foy et répertoriées dans la liste que j'ai établie, demeuraient dans d'autres communes au moment de leur arrestation.

4 - Mémoire et histoire.

Il s'agit d'abord de recenser les informations concernant les déportés. Cette démarche constitue un "Mémorial" plus complet que ceux dont on dispose déjà. Chaque arrestation, chaque déportation sont des drames qui ont marqué et marquent toujours profondément les survivants, leurs familles, les familles de ceux qui ne sont pas revenus, et leur entourage. Ces traces indélébiles ne se sont pas étendues en dehors de l'entourage des disparus et des survivants et, aujourd'hui, l'oubli les a englobés.

Le travail de l'historien s'annonce particulièrement ardu parce que les questions qu'il pose n'ont pas ou peu de réponses en l'état actuel de la documentation. Voici un premier canevas de recherches :

a - Causes de l'arrestation. Militant communiste, gaulliste, franc-maçon, résistant, autre ? Mécanismes de la dénonciation.

b - Dates et conditions des arrestations. Opérations visant une personne ou plusieurs personnes, arrestations faites par qui, des gendarmes, des miliciens, des soldats ou des membres de services spéciaux allemands ?

c - Entre l'arrestation et la déportation, il peut s'écouler deux ou trois mois. Quel est le sort du prisonnier, sa famille a-t-elle de ses nouvelles, qui s'intéresse - et peut s'intéresser - à son sort (Croix-Rouge, maire, amis, relations, etc.) ?

d - Quelle conscience collective les habitants du pays foyen ont-ils eu de la déportation après et depuis la guerre ?

5 - Quelle démarche ?

En ce début du 21ème siècle, nous nous situons entre l'absence totale d'une mémoire collective de la déportation locale et la précarité des matériaux historiques.

Quand Marc Chambon, maire de Sainte-Foy, accueillit les "Chers Déportés, Prisonniers et requis", le 22 juillet 1945, sur la place Jean-Jaurès, il s'adressa à eux sur le thème du renouveau : "Car vous le savez bien que notre France a besoin de renouveau, et chacun de nous espère que toutes choses seront faites par le peuple lui-même...". Il ne cite pas les morts, ceux qui ne sont pas revenus parmi les "Déportés, Prisonniers et requis", ni ceux qui ont été abattus sur place, en pays foyen.

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Cela nous renvoie à une histoire des déportés du pays foyen qui reste à dégager de la mémoire familiale, à sortir de l'oubli et à écrire.

Liste des déportés du pays foyen

La plupart des personnes citées sont mentionnées dans le "Livre-Mémorial des déportés de France" ; certaines n'y figurent pas. Les rédacteurs de cet ouvrage notent qu'ils ont accompli "un travail novateur, long et difficile", et aussi, incomplet.

Les indications du Livre-Mémorial ont été reproduites. Quand cela a été possible, d'autres indications ont été ajoutées. Elles proviennent des ouvrages cités ("La Libération de Sainte-Foy", de Jean Corriger et le "Mémorial de la Résistance en Dordogne", de l'A.N.A.C.R.), de la "Chronique des années de guerre en pays foyen, 1939-1945", publié par Jacques Reix et Jean Vircoulon chez Fanlac en 1995, et de la mémoire locale.

Pour le moment, j'ai recensé 46 déportés par mesure de répression. Ils sont présentés par ordre alphabétique de nom.

16 déportés sont revenus des camps nazis. 29 y sont morts. Le sort de Meyran est inconnu.

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BARAT René, né le 1er avril 1888 à Sauveterre.

René Barat a été arrêté le 8 novembre 1943 par les Waffens SS (Reix & Vircoulon, p. 110).

I. 173, transport parti de Compiègne le 27 janvier 1944 et arrivé au KL de Buchenwald le 29 janvier 1944. Matricule 44 592. Libéré le 11 avril 1945 à Buchenwald. Il est de retour à Sainte-Foy avant le 23 mai 1945.

Cité par Corriger p. 21, qui donne une photo de René Barat au retour de Buchenwald. Elle fut prise pendant une réunion qui se tint à la salle du casino Rey, à Sainte-Foy, à une date que j'ignore, sur le thème (entre autres ?) de la déportation. Ce fut un après-midi, René Barat s'y rendit à pieds, par la rue Victor Hugo, revêtu de sa tenue rayée de déporté, et entouré par de nombreuses personnes.

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René Barat avant son arrestation : barat

BARRIERE Jean, né le 2 février 1914 à Landerrouat.

I. 223, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 78130. Libéré le 23 avril 1945 à Herbruck.

BAUDY-VINCENT Ginette, née le 29 mai 1920 à Sainte-Foy la Grande.

I. 261, transport parti de Bordeaux le 9 août 1944 et arrivé le 28 août 1944 au KL Dachau. Matricule 93 844. Libérée par la Croix-Rouge à Ravensbrück le 23 avril 1945.

BEAUSOLEIL Pierre, né le 12 mars 1906 à Lamothe-Montravel.

I. 206, transport parti le 27 avril 1944 de Compiègne et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185 034. Parcous : Buchenwald, Flossenbürg. Libéré le ?, à ?.

Pierre Beausoleil faisait partie du réseau CND-Castille (cf Reix-Vircoulon p. 74 et s. .

Pierre Beausoleil (id, p. 83) :          pierre

BIROLET Honoré, né le 22 décembre 1924 à Pellegrue.

I. 190, transport parti de Paris, gare de l'Est le 21 mars 1944 et arrivé à Sarrebrück (camp de Neue Bremm) le 22 mats 1944. Matricule ? Nacht und Nebel.

Parcours après Neue Bremm : Mauthausen ( Gusen). Libéré le 5 mai 1945 à Gusen.

BLANC Léon, né le 22 septembre 1897 à Saint-Etienne de Lisse, demeurait à Bonneville-et-Saint-Avit-De Fumadière au moment de son arrestation. Arrêté le 28 novembre 1943 par la Gestapo (Reix-Vircoulon, p. 126).

I. 173, transport parti de Compiègne le 27 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 29 janvier 1944. Matricule 43 665. Disparu à Dora.

Inscrit sur le monument aux Morts de Bonneville (Mémorial de la Résistance en Bordogne, p. 248.

BONNAMY René, né le 14 juin 1892 à Pellegrue.

I. 169, transport parti de Paris, gare de l'Est, le 10 janvier 1944 et arrivé à Sarrebruck (camp de Neue Bremm) le 11 janvier 1944. Matricule 22 178 (Buchenwald). Parcours : Buchenwald, Neuengamme, Gross-Rosen, Doria). Libéré à Nordhausen le 23 avril 1945. Nacht ind Nebel.

BORDERIE Etienne, né le 14 juin 1909 à Razac-de-Saussignac.

I. 173, transport parti de Compiègne le 27 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 44 593. Parcours après Buchenwald : Dora. Libéré le 11 avril 1945 à Buchenwald.

A son retour, il réside aux Lèves (note du 19 mai 1945). Dans les années 1970, quand il fit bâtir sa maison il fit inscrire "Bloc 14" sur le pignon (témoignage Bernard Chouet). Cependant, en avril 1966, il réside à Riocaud :

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MM. P. Durand, Etienne Borderie, Louis de la Bardonnie (Sud-Ouest, vendredi 39 avril 1966)

Lors de cette cérémonie, Louis de la bardonnie déclara : "Etienne Borderie, ancien sous-lieutenant des F.F.C. a été déporté en Allemagne pour son action dans la Résistance au cours de la période d'occupation. En est revenu grand invalide à la suite des privations et sévices subis. A bien servi la cause de la Libération !"

BUISSON Eloi, né le 1er décembre 1913 à Ménesplet.

Arrêté à Bonneville, où il résidait, le 28 novembre 1943. I. 206, transport parti le 27 avril 1944 de Compiègne et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185 190. Parcours : Buchenwald Eschershausen. Décédé en 1945 à ?

Reix-Vircoulon, p. 126. Inscrit sur le monuments aux Morts de Bonnville (Mémorial de la Résistance en Dordogne, p. 248).

CARBONNEL Edouard, né le 17 avril 1895 à Saussignac.

I. 261, transport parti le 9 août 1944 de Bordeaux et arrivé le 28 août 1944 au KL Dachau. Matricule 93 927. Décédé le 12 janvier 1945 à Melk;

CHAPUZET Elisée, né le 13 janvier 1893 à Coux.

Arrêté à Sainte-Foy le 28 novembre 1943. Corriger le cite sous le nom de "Chapuizet" (p. 21). I. 206, transport parti de Compiègne le 27 avril 1944 et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185262. Parcours : Buchenwald. Décédé à Ohrdruf le ?

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CHARRIOT Henri, né le 11 juin 1899 à Sainte-Foy la Grande.

I. 221, transport parti le 12 mai 1944 de Compiègne et arrivé le 14 mai 1944 au KL Buchenwald. Matricule 51 862. Parcours : Dora Ellrich. Décédé le 13 avril 1945 à Gardelegen.

CHIGNAGUET Raymond, né à Bordeaux le 3 juillet 1916.

Arrêté par les Allemands le 8 juin 1944 à Eynesse, il avait alors 28 ans (Corriger, p. 30). N'est pas mentionné dans le "Livre-Mémorial des Déportés de France".

Précisions données par son petit-fils, Christophe Lafont : "Mon grand-père Louis-Raymond Chignaguet a été arrêté le 8 juin 1944, puis il a fait plusieurs camps de concentration dont Dachau, Herbruck et Flossenburg, et finalement il est décédé au camp de Flossenburg en Allemagne, le 5 mats 1945. Il était né le 3 juillet 1916, 19 rue de Cénac à Bordeaux, de Germain Chignaguet et de Marthe Château.

Ma grand-mère Jeannine Chignaguet (décédée le 10 décembre 2008 à Sainte-Foy) avait reçu un premier courrier du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, un acte de disparition daté du 27 août 1946 (dossier n° 12068), puis elle avait reçu du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, bureau des fichiers et de l'état-civil et des déportés, le 6 février 1950, une lettre référence FEC/MPF/CD/FD n° 12.068, portant l'invitation faite au maire de Saint-Avit du Moiron à inscrire la mention "Mort pour la France" sur son acte de décès.

Je sais que ma grand-mère avait eu des nouvelles de mon grand-père par un ancien gendarme co-détenu avec lui et qui avait pu s'évader, mais je n'ai jamais su son nom".

COLAS Jean, né le 4 février 1891 à Saint-Géraud de Corps.

I. 172, transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 42 645.

Décédé le 9 février 1944 à Buchenwald.

COUPRIE Albert, né le 5 avril 1897 à Gensac.

I. 240, transport parti le 2 juillet 1944 de Compiègne et arrivé le 5 juillet 1944 au KL Dachau. Décédé lors du transport.

DEFFARGE Robert, né le 13 janvier 1921 à Sainte-Foy la Grande.

Instituteur à Margueron, déporté en Allemagne le 18 mars 1943. Après la libération de son camp, il a été tué par une patrouille russe à Erenfort (Haute Silésie), alors qu'avec quelques camarade il se portait au secours de camarades prisonniers français hospitalisés à l'hôpital d'Erenfort.

Aucun document à propos de Robert Deffarge.

DELLAC Marie-Joseph, né le 30 mai 1879 à Lamothe-Montravel.

I. 40, les déportés des prisons de la zone occupées vers celles du Reich en juin 1942. Déporté le 1er juin 1942. Parcours : prison de Kalruhe, prison d'Anrath, prison de Lübeck-Lauerhof, prison de Jauer. Libéré le 12 février à Jauer. Nacht und Nebel.

DELTEIL Robert, né le 27 septembre 1902 à Gardonne.

Une famille Delteil habitait 97 rue Alsace-Lorraine à Sainte-Foy, pendant la guerre.

"Arrêté par les Allemands à son domicile le 27 juillet 1944 à 6 heures du matin et transféré à la prison de la Rochelle. Il est parti deux ou trois jours après cette date pour une destination inconnue" (lettre du 6 octobre 1944).

I. 265, transport parti de Compiègne-Rethondes le 18 août 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 21 août 1944. Matricule 81 357. Parcours : Neu Stassfurt (installation d'une usine souterraine dans une ancienne mine de sel près de Buchenwald). Décédé à Buchenwald le 10 avril 1945.

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DUFOUR Raoul, né le 4 mars 1901 à Saint-Vincent de Pertignas.

Il semble que la famille Dufour résidait à Doulezon. En 1945, sa fille aînée travaillait à Gensac.

Arrêté le 24 octobre 1943. Raoul Dufour faisait partie du réseau Whulwright, région Toulouse (Attestations du chef A. Barrière, de Blasimon, du 4 octobre 1945 et 27 février 1946).

Transport parti de Compiègne le 27 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 28 janvier 1944. Matricule 44670.

Parcours : Dora. Décédé le 11 janvier 1945 à Ellrich.

DURAND Pierre, né le 16 juin 1892 aux Lèves.

Arrêté le 21 décembre 1943 (Louis de la Bardonnie).

I. 206, transport parti de Compiègne le 27 avril 1944 et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185 493. Parcours : Buchenwald, Dora. Le "Livre-Mémorial des déportés de France" indique qu'il est décédé à Dora le ?. Il est revenu avant le 19 mai 1945.

Pierre Durand décède aux Lèves en 1976. Louis de la Bardonnie prononce un disours lors de ses obsèques, dans le petit cimetière protestant des Bouhets.

FAUCHER Robert, né le 9 novembre 1923 à Gensac.

III. 17, déportés arrêtés sur le territoire du IIIe Reich (hors Alsace-Lorraine) et internés au KL Stutthof. Matricule 97 858. Décédé avant le rapatriement, le 5 juillet 1945, à l'hôpital de Schalawa ?

FAURE André, né le 27 janvier 1906 à Port-Sainte-Foy.

I. 172, transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 et arrivé au KL de Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 43 140. Libéré le ? à ?

FAVEREAU Paul, né le 27 novembre 1920 à Saint-Seurin de Prats.

Il réside à Sainte-Foy la Grande. Dans l'été 1943, il est embauché à la poudrerie de Bergerac. Printemps 1944, il part pour le maquis.

Arrêté le 8 juin 1944 à Eynesse par les Allemands (Corriger, p. 30). Il est conduit à la Kommandantur locale de Castillon puis, le 9 juin, à la prison du fort du Hâ, à Bordeaux..

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 78 225. Libéré le 23 avril 1945 à Flossenbürg. Il est de retour à Saint-Foy avant le 7 juin 1945 Dans ses souvenirs, Paul Favereau écrit : "Je pesais alors 30 kg".

Paul Favereau a rédigé son témoignage, une plaquette de 19 pages, tirage ordinateur du 27 novembre 1992?.

FOURCADE Georgette, épouse Bret, née le 6 octobre 1905 à Sainte-Foy la Grande.

I. 74, transport parti de Compiègne le 24 janvier 1943. Enregistrée le 27 janvier au KL Auschwitz, matricule 31 747. Décédée le 20 mai 1943 à Auschwitz II-Birkenau.

LAPEYRE René, "28 ans, prisonnier transformé en dernier lieu à Osnabrück, numéro prisonnier 7.779, stalag VI C 105. Sans nouvelles depuis le 26 janvier 1945. Ecrire à Mme Lapeyre, La Roquille, par Sainte-Foy la Grande (Gironde)".

Il s'agit d'un entrefilet paru dans le n° 375 de Sud-Ouest du samedi 10 novembre 1945. Il faut lire "transporté" et non transformé". Osnabrück était un camp de concentration dépendant de Neuengamme.

Je n'ai pas d'autres informations pour le moment (25 février 2011) sur René Lapeyre. Les prisonniers évadés et repris était automatiquement envoyés en camp de concentration.

LAVENNE Louis, né le 8 mars 1922 à Saint-Méard de Gurçon.

I. 199, transport parti de Compiègne le 6 avril 1944 et arrivé au KL Mauthausen le 8 avril 1944. Matricule 62 665. Parcours : Linz. Décédé le 10 juillet 1944 à Mauthausen ou Lonz.

LOPEZ Louis, né le 9 août 1920 à Listrac-de-Durèze.

I. 95, transport parti de Compiègne le 28 avril 1943 et arrivé au KL Sachenhausen le 30 avril 1943. Matricule 65 491. Parcours : Küstrin, Neuengamme. Décédé à Hambourg le 3 mai 1945.

MARIOL Nelly, épouse DUMORA, née au Fleix le ?

Déportée le ? à ?

Revenue de déportation avant le 19 avril 1945. En 1945, "sitôt rentrée, elle a témoigné de sa déportation dans une réunion organisée au Casino, à Sainte-Foy" (Témoignage de Bernard Chouet).

MANGES Pierre, né le 25 juillet 1914 à Nancy.

Résidant à Perreau, commune de Saint-Michel de Montaigne. Résistant, de novembre 1942 à mars 1943, il opère à partir de Perreau. Arrêté le 30 octobre 1943 à Saint-Raphaël.

Déporté dans le transport parti le 4 juin 1944 de Compiègne et arrivé le 7 juin 1944 au KL Neuengamme. Matricule ? Décédé le 3 (?) avril 1945 à Neuengamme.

MARTEAU Henri, né le 11 mai 1907 à Saint-Pierre d'Eyraud.

I. 261, transport parti le 9 août 1944 de Bordeaux et arrivé le 28 août 1944 au KL Dachau. Matricule 94 023. Décédé le 6 décembre 1944 à Melk (commando du KL Mauthausen).

MAZEAU Albert, né le 7 février 1915 à Pessac-sur-Dordogne.

I. 169. Transport parti de Paris, gare de l'Est, le 10 janvier 1944 et arrivé à Sarrebruck (camp de Neue Bremm) le 11 janvier 1944. Matricule 22 190 (Buchenwald). Parcours : Neuengamme. Décédé le 9 mars 1945 à Ellrich. Nacht und Nebel.

MEYRAN, résidant à Bonneville et Saint-Avit-de-Fumadières.

Il fit partie des quatre personnes arrêtées à Bonneville, d'après le témoignage de Charles Moze. Il ne figure pas dans le "Livre-Mémorial des déportés de France", ni sur le monument aux Morts de la commune.

MONRIBOT Georges, né le 23 mars 1911 à Lamothe-Montravel.

III. 10, déportés arrêtés sur le trritoire du IIIe Reich (hors Alsace-Moselle) et internés au KG Flossenbürg. Matricule 28 942. Parcours : Graz, Flossenbürg (Zwickau). Décédé le 25 février 1945 à Zwickau.

NOUVEL Marcel, né le 2 novembre 1913 au Fleix.

Témoignage de Georgette Suret-Canale, née Lamargot : "Ma mère me dit que Nouvel, un jeune socialiste, électricien, élancé, grand et rouquin, collectait dans les cafés pour Lamargot (le père de Mme Suret-Canale, arrêté en septembre (?) 1941 et emprisonné dans le "Centre de séjour surveillé de Saint-Paul d'Eyjeaux") et qu'elle s'était fâchée en lui disant que ce n'était pas prudent de faire ça dans les cafés, qu'il allait se faire arrêter. Beaucoup plus tard, Nouvel est mort en déportation mais j'ignore dans quelles circonstances il a été arrêté et déporté". De juillet 1943 à octobre 1944, Georgette Suret-Canale devint "courrier des Jeunesses communistes en zone sud", elle ne revint à Sainte-Foy qu'en octobre 1944.

Arrêté le 8 juin 1944 à Eynesse par les Allemands (Corriger, p. 30).

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet. Matricule 78 334. Décédé le 1er novembre 1944 à Hersbruck.

La Croix-Rouge de Sainte-Foy lui a envoyé un "colis complet" le 27 novembre 1944.

Son nom figure sur le Monument de la Résistance à Sainte-Foy.

ORLIAC Georges, né le 17 septembre 1910 à Montpeuroux.

I. 172, transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 41 779. Parcours : Mauthausen. Décédé le 24 avril 1945.

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La famille habitait 10, rue Jean-Louis Faure.

Ce nom figure sur une liste des "prisonniers de guerre de Sainte-Foy et du canton", établie le 10 janvier 1945, avec la mention "déporté".

PECOU Georges, né le 22 juillet 1907 à Saint-Martin de Gurçon.

I. 206, transport parti de Compiègne le 27 avril 1944 et arrivé le 30 avril au KL Auschwitz-Birkenau. Matricule 186 190. Décédé en 1944 à Flossenbürg.

PERROT Norbert, Eugène, Emile, né le 19 février 1893 à Rennes.

Capitaine de l'armée française, président de la Société de la Légion d'Honneur de Sainte-Foy en 1942.

Il résidait à Sainte-Foy (place Broca) lors de son arrestation, le 11 novembre 1943, par des Waffens SS (Reix & Vircoulon, p. 110). Il faisait partie de la résistance locale.

I. 214, transport parti de Compiègne le 21 mai 1944 et arrivé le 24 mai 1944 au KL Neuengamme. Matricule 30 433. Parcours : Ravensbrück. Décédé à Ravensbrïck le 9 juin 1945 avant son rapatriement.

Son nom figure sur le Monument de la Résistance de Sainte-Foy.

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PIALAT Auguste, né le 2 août 1898 à Saint-André et Appelles.

I. 223, transport parti de Compiègne le 4 juin 1944 et arrivé le 7 juin 1944 au KL Nuengamme. Matricule 33561. Travaille au Bremen-Farge. Décédé le ? à ?

SIMON René, né le 19 août 1905 à Saint-Philippe du Seignal.

I. 172, parti de Compiègne le 22 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 43 061. Parcours : Dachau. Libéré le ? à .

TASSET Yves, né le 20 octobre 1919 à Bordeaux.

I. 127, transport parti de Paris, gare de l'Est, le 30 août 1943, et arrivé à Sarrebruck (camp de Neue Bremm le 1er septembre 1943.

Parcours : Mathausen, Buchenwald. Libéré à Buchenwald le 11 abril 1945. Nacht und Nebel.

Il semble qu'il s'agisse du Tasset qui, après son retour, est hébergé chez M. Toulouse, à la Trapelle : "déporté politique malade" (mention le 24 juillet 1945), puis chez Lamargot (mention le 14 octobre 1945).

tollet

TOLLET Antoine, né le 6 novembre 1919 à Niort.
Arrêté par les Allemands le 8 juin 1944 à Eynesse (Corriger, p. 30).

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 78 389. Parcours : Allach, Hersbrück, Flossenbürg. Libéré à Flossenbürg le 23 avril 1945.

TOLLET Eugène, né le 6 juin 1894 à Saulge (59).

Arrêté le 8 juin 1944 par les Allemands à Eynesse (Corriger, p. 30).

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 78 390. Décédé à Bergen-Belsen le ?

TOLLET Joseph, né le 8 juillet 1921 à Paris.

Arrêté le 8 juin 1944 à Eynesse par les Allemands.

I. 261; transport parti de Bordeaux le 9 août 1944 et arrivé le 28 août 1944 au KL Dachau. Matricule 93 384.
Décédé le ?

VALADE Lucien, né le 15 otcobre 1900 à Saint-Pierre d'Eyraud.
I. 261, transport parti de Bordeaux le 9 août 1944 et arrivé le 28 août 1944 au KL Dachau. Matricule 93 988. Décédé le 9 décembre 1944 à Ebensee.

VERGNAUD Jacques, né le 6 juillet 1924 à ?

Arrêté le 8 juin 1944 à Eynesse par des Allemands (Corriger, p. 30).

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 73 897. Libéré à Allach le 30 avril 1945.

VILLEMIANE Georges, né le 7 mai 1910.

Arrêté le 20 novembre 1943 (Reix-Vircoulon, p. 135).

Michel Villemiane, fils de Georges Villemiane, nous donne ce témoignage sur son père :

villemiane

"Mon père Georges Louis Villemiane est né à La Flèche dans la Sarthe le 17 mai 1910. Fils de Arthur Villemiane et de Marguerite Queyroux. Il était marié avec Henriette Vigne, fille de Germaine Vigne sa mère, épouse Chariéras Auguste qui est mort à la guerre de 14/18 et qui figure sur le monument aux Morts de Port-Sainte-Foy.

Il était installé à Sainte-Foy-la-Grande comme radio-électricien au 98 rue de la République, ce qui à cette époque a été un facteur de ciblage ! En février 1943, il entre dans la  résistance (F.C).

Mon père a été arrêté dans la soirée du 21 novembre 1943 par la gestapo avec des accompagnateurs français dont les noms nous échappent, évidemment....

C'est sur dénonciation que mon père a été arrêté. Il croyait, le pauvre aux slogans de l'internationale socialiste...et bien que se sachant recherché et averti par M. Lamothe chef de la résistance et autres de ses amis dont certains voulaient  l'héberger, mais ne voulant pas que des représailles soient faites à sa famille, il avait pris la décision de rester chez lui.

Je reprends le circuit de mon pauvre père qui a été conduit à Castillon à l'hôtel des voyageurs ou il est resté du 21 au 27 novembre, pour y subir les pires tortures. M. Duranton de CASTILLON aujourd'hui décédé, que j'avais rencontré, m'avait indiqué connaître bien mon père et qu'il avait croisé celui-ci dans le couloir, venant d'être tabassé et qu'il a eu beaucoup de peine à reconnaître ...  

Puis il est dirigé dés le 27 novembre 1943 au fort du Ha à Bordeaux ou il reste jusqu'au 27 avril 1944 date à laquelle il fait parti du convoi dirigé vers COMPIEGNES.

Après des passages aux camps bien connus  d'Auschwitz et Buchenwald il arrive à Flossenburg avec 1200 déportés le 25 mai 1944. Ils sont dispersés dans le camp qui comptait plus de 20.000 hommes. Ce camp de Haute Bavière, prés de la Tchécoslovaquie, fut un camp très dur. 

En septembre 1944, il y avait parmi les déportés, 1000 français.

Plus tard  le 20 avril 1945, les SS jettent les déportés encore présents sur les routes, direction Munich. 3.000 à 4.000 déportés marchent sans boire ni manger et beaucoup ne survivent pas.  

Mon père, dans ce camp, était immatriculé sous le N° 10.301 et séjournait au block  B1.16. Il y avait beaucoup de morts atteints du typhus  et de famine. Les corps finissaient systématiquement au four crématoire. Mon père n'a pas fait malheureusement exception à la règle de ces salopards de nazis et il est mort en date du 15 septembre 1944, quelques mois avant la libération de ce camp maudit, comme beaucoup d'autres, seul éloigné des siens. 

 

Qu'ont faits ses amis ou soit disant amis ? Rien, s'étant réfugiés dans un silence soudain et ils étaient nombreux afin de ne pas réveiller les agissements de certains qui ont œuvré dans l'ombre. 

 

Seule consolation de ma pauvre mère, savoir que son mari a eu droit au titre de "Mort pour la France". Elle est restée bien seule pour élever ses trois enfants que tu as l'honneur de fréquenter !"  

Le 22 juillet 1945, Madame Villemiane "a reçu l'annonce officielle du décès de son mari, déporté politique à Flossembourg".

Le nom de Georges Villemiane figure sur le monument aux Morts de Sainte-Foy-Pineuilh.

ANNEXE :

En juin 1945, deux déportés furent soignés à l'hôpital de Sainte-Foy. J'ignore leur nom.