s'est tenu hier en présence de voltigeurs et de grenadiers du 96ème de ligne, époque et costumes du premier Empire. Une trentaine de personnes, militaired, cantinières et enfants de troupe. Samedi, ils avaient défilé à Ste-Foy dans le marché :

 

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Dimanche, le vide-grenier apporte de bonnes surprises comme cet exemplaire de la "Doctrine de Saint-Simon" qui sort d'un grenier du Port :

 

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Pas de paraphe ni d'annotations. Rien n'indique que cet ouvrage ait été acheté à l'époque de sa parution (1830) par un habitant du Port.

Page 7, l'introduction présente et développe le thème de "l'exploitation directe de l'homme par l'homme". Bien plus tard, Karl Marx reprit ce thème. Page 13, voici un point de méthode : "Un homme ne constitue une école et ne lui donne son nom, que lorsqu'il produit un système nouveau, généralisant tous les faits observés, et donnant ainsi une direction aux observations nouvelles".

Le saint-simonisme eut une influence considérable au 19ème siècle. Qu'en fut-il en pays foyen ? Je l'ignore. L'histoire locale s'est peu occupée des événements du 19ème siècle et encore moins des idées.

Le même étalage propose cette brochure :

 

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C'est le numéro 16 du Journal des Amis de la Constitution, daté du mardi 15 mars 1791, organe du fameux Club des Jacobins. Ce Journal avait été créé en octobre 1790 par "P. Choderlos, ci-devant De Lachlos".

Pas de paraphe ni d'annotation. Mais un article du 18 février 1791 décrit une forte "agitation" qui survint à Sainte-Foy :

 

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Le contexte est la diffusion de la constitution civile du clergé et le serment des prêtres qui s'appliqua en province à partir de janvier 1790. Le texte du serment nous paraîtra anodin : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse (ou du diocèse) qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi ». Mais il accompagnait une refonte de la constitution du clergé que celui-ci et ses ouailles, dans leur très grande majorité, refusèrent.

 

La Société des Amis de la Constitution de Sainte-Foy fut créée le 11 septembre 1790 et adhéra sans tarder au Club des Jacobins de Paris. Garrau, Mestre et Jay furent parmi ses fondateurs.

Déjà, le 14 janvier 1783, une émeute eut lieu lorsque Babot, Baillet et Garrau s'étaient rendus au couvent des Dames de la Foi pour vérifier si leur statut respectait le cadre légal. Jean Corriger raconte cet épisode dans son ouvrage, Sainte-Foy la Grande, son histoire, et conclut : "Lorsqu'on semble porter atteinte à la religion, les passions ancestrales de ce Sainte-Foy au passé si orageux dans ce domaine sont prêtes à se déchaîner".  

 

Peu d'articles ont été consacrés à cette période. Toujours de Jean Corriger, "Réception du président de la Société des Amis de la Constitution de Sainte-Foy par la Société de Libourne, publié en 1958 par la Revue Historique et Archéologique du Libournais, tome XXVI, page 51.  

Deux registres de délibération du Club des Amis de la Constitution de Sainte-Foy la Grande sont conservés par les Archives départementales de la Gironde, dans le fonds Bigot : 8 J 682 pour celui qui va de 1790 à 1792, et 8 J 683 pour 1792-an II.

Espérons qu'un étudiant en histoire utilisera un jour ces deux documents pour rédiger un mémoire.